27 février 2008

de l'eau en poudre*

Les (fausses) Antilles ont tellement plu à tirouquin que ce week-end il a décidé de creuser un jacuzzi dans le jardin.
Idée que nous n'avons pas découragé parce qu'un jacuzzi dans le jardin ce serait aussi bien qu'une cheminée dans le salon (et les deux ce serait encore mieux, évidemment).

Le fait est que nous avons déjà un cheminée dans le jardin (appelée vulgairement barbecue) et un jacuzzi dans la maison (appelée trivialement baignoire avec remous manuels) mais c'est pas pareil.

Tirouquin aime bien aussi la piscine ludique de la bonne ville de P. mais il n'obtient pas toujours satisfaction quand il réclame qu'un parent l'y emmène.
Le monde est cruel.
Aussi pour son anniversaire, son parent le moins chaud pour rester deux ou trois heures dans l'eau à surveiller qu'il ne se noie pas a eu l'idée de lui offrir en cadeau des séances d'apprentissage de la natation avec maitre nageur, jusqu'à tant qu'il sache flotter sans aide et sans risque.

Ensuite, hop un ticket de bus dans sa petite menotte et vogue la galère il ira quand il voudra.
(Si la DDASS ne met pas son long nez là-dedans).

Oui parce que je l'aurais presque oublié, avec toutes ces copies de capes blanc à rendre le lendemain à l'heure où blanchit la campagne, mais
aujourd'hui il y a très exactement 8 ans pile qu'il est le divin enfant,
à 0h40, dans la chambre appartenant actuellement à damoiselle Fifille mais ceci est une autre histoire. D'ailleurs j'ai beaucoup souffert, enfin surtout mon dos, même que je me demande si mon dos n'a pas meilleure mémoire que moi et me le rappelle certaines années précisément à cette époque. (La maman et le bébé ont souffert aussi mais c'est moi qui écrit le blog).

Enfin tout ça pour dire bon anniversaire au plus mignon et drôle petit rouquin depuis au moins les dinosaures.

* l'eau en poudre est un amusant concept apparemment du à Jean Baudrillard, mais plus probablement une très vieille blague de chimistes.

20 février 2008

l'hiver aux Antilles

Et oui nous sommes allés passer 3 jours
en maillots de bain

aux Antilles

des heures et des heures dans l'eau claire, bleue et chaude d'un lagon...

à Jonzac

en charente-maritime

bon en même temps, c'est plus facile d'accès de chez nous, hein.


Tirouquin a passé la moitié du temps dans le jacuzzi, avec les lunettes de plongée, à mettre la tête sous l'eau bouillonnante (il ne voyait donc rien) pour une raison que nos reporters spéciaux n'ont pu élucider.
Il ressemblait à une écrevisse ébouillantée, j'avais presque peur pour lui, mes connaissances médicales étant proches de celles d'homo habilis, me demandant si ça pouvait être mauvais pour sa santé.
Mais pour ma santé ça tombait très bien, en pleine semaine de maux de dos à marcher courbé comme l'homo habilis sus-cité, de passer deux fois 4 heures de suite dans l'eau.

Sinon comme c'est les vacances, pas de post longuement réfléchi, rédigé et réécrit, je termine avec un jeu facile, rigolo et qui rapporte peanuts, piqué chez deux blogueuses cely et fyfe :

Mon dernier album de star du rock que je rêvais d'être
sombre et désespérée, toute la musique que j'aime, comme dirait l'autre crétin.

EDIT pour cahuette : la règle du jeu "fabriquer sa pochette d'album"
1. cliquer
Le premier article de la page est le nom de votre groupe.
2. puis ici
Les 4 derniers mots de la dernière citation seront le titre de votre album.
3. et enfin
La 3ème photo, quelle qu'elle soit, sera votre pochette d'album !

17 février 2008

Fleur-de-brume et les deux infinis

La réputation de sagesse et d'intelligence de la Princesse Fleur-de-brume gagna les royaumes voisins tant et si bien que les rois des alentours faisaient appel à elle pour rationaliser le tracé des routes, la construction des ponts, le creusement d'un canal et même se débarasser des dragons trop savants.
Elle ne se faisait pas payer, trop heureuse d'en profiter astucieusement pour leur faire modifier leur manière absurde de prélever les impots, qui consistaient chez la plupart à demander la même somme d'argent à chaque sujet, somme que les 9/10e de leurs sujets ne pouvait trouver tandis qu'elle faisait rire la fraction riche de leur population.

Le roi Aldéric du Ponant était si content de ses conseils qu'il lui proposa ce qu'elle voulait en remerciement de ses services. La princesse se rappela que l'esclavage était le lot commun en ce royaume et décida d'accepter cette fois la proposition de rétribution.
- Je voudrais que vous libériez quelques esclaves, dit-elle.
- Oh, bien sûr, combien en voulez-vous ?
- Je ne les veux pas pour moi, juste que vous les libériez. Est-ce que la somme 1 + 1/2 + 1/3 + 1/4 + ... ne vous parait pas abuser de votre royale générosité ?

Le roi Aldéric n'était pas stupide, il se garda de répondre oui tout de suite, et fit venir ses comptables pour compter. La princesse Fleur-de-brume les regarda faire avec un petit sourire, ainsi qu'Aldéric qui au bout d'une heure vit les nombres ajoutés se réduire à presque rien et la somme totale augmenter plus lentement que l'affaissement des montagnes.
Rassuré, et lassé du spectacle, il accorda sa requête à la princesse et l'invita à profiter du soleil dans son jardin, un des plus beaux de la région. Prudente, la princesse lui fit mettre par écrit leur accord, avant d'accepter la promenade.
- Combien cela fera-t-il d'esclaves en tout ? 5 ? 10 ? demanda Aldéric en marchant entre les haies de roses et d'aubépines.
- Plus que cela, répondit la Princesse distraitement, remplissant ses poumons de l'odeur de chèvrefeuille.
- 50 ? 100 ?
- Plus que tous les nombres que vous pourriez citer, Votre Altesse, affirma la Princesse avec un sourire triomphant.
- Comment cela est-il possible en ajoutant des nombres qui deviennent infiniment petits ? s'étonna Aldéric.
- C'est surprenant, n'est-ce pas. C'est comme si vous aviez un gros rocher, puis vous faites un tas en ajoutant des rochers de plus en petits, jusqu'à ce qu'ils deviennent des grains de sable, puis plus petits que des grains de sable, et cependant au bout d'un certain temps votre tas dépasse en taille et en hauteur toutes les montagnes.
- Cela, vous ne me le ferez pas accroire ! s'exclama le Roi.
- Cela met en déroute le bon sens et l'intuition du cerveau humain, aussi je ne suis pas sûr de pouvoir vous le faire comprendre mais je puis espérer vous en convaincre si vous m'écoutez attentivement.
- Un si joli professeur capte mon attention chaque fois qu'elle ouvre la bouche, minauda le Roi, qui se lassait déjà de sa 72e favorite.
- On va regrouper en petits tas les termes de l'addition, de sorte que chacun des tas dépasse 1/2, et ainsi si on veut dépasser 50 il suffira de considérer 100 tas, etc
Le 1er terme 1, est un tas à lui tout seul.
Le second tas est constitué de 2 termes 1/2 + 1/3
Le troisième tas des 4 termes suivants 1/4 + 1/5 + 1/6 + 1/7
On regroupe ensuite les 8 termes qui suivent 1/8 + ... + 1/15, puis les 16 qui viennent après 1/16 + ... + 1/31
ainsi par exemple
1 + (1/2 + 1/3) + (1/4 + ... + 1/7) + (1/8 + ... + 1/15) + (1/16 + ... + 1/31) + (1/32 + ... + 1/63) + (1/64 + ... + 1/127) + (1/128 + ... + 1/255) est forcément déjà plus grand que 4 car composé de 8 tas tous plus grands que 1/2.
- Qu'est-ce qui vous rend si certaine que vos tas sont tous plus grands que 1/2 ? demanda dubitativement le Roi.
- Un petit calcul abstrait qui me permet de m'en assurer pour tous à la fois : supposant qu'on commence à 1/n et qu'on fasse la somme des n termes successifs en commençant à 1/n, le n-ième terme, puisqu'on commence à 1/n= 1/ (n+0), est 1/(n+n-1)= 1/ (2n-1). C'est également le plus petit des n termes de la somme partielle (le tas). Donc la somme du tas est plus grande que n fois le plus petit terme, c'est à dire plus grande que n/(2n-1) qui lui-même est plus grand que 1/2 car le double : 2n/(2n-1) est visiblement plus grand que 1.
Le Roi, qui avait reçu une instruction solide, même en mathématiques, prit une brindille et vérifia les affirmations de la princesse sur le sol du sentier. Il se releva en soupirant.
- Ainsi avec des grains de sable de plus en plus petits on batit une montagne qui dépasse les étoiles les plus éloignées, c'est incroyable mais je dois avouer que c'est vrai.
- Je suis heureuse d'avoir pu vous en convaincre.
- est-ce toujours ainsi, chaque fois qu'on fait une infinité d'additions ?
- même pas, non. La somme infinie (des inverses des carrés) 1 + 1/4 + 1/9 + 1/16 + 1/25 + ... se rapproche infiniment près du nombre pi²/6 sans jamais l'atteindre et encore moins le dépasser.
- Tout cela me dépasse, justement, dit avec un gros rire le Roi, vous m'expliquerez cela une autre fois car ma tête va exploser si vous y rajoutez un chiffre de plus.
- Vos désirs sont des ordres, Votre Altesse, s'inclina Fleur-de-Brume.
- Hmm, en parlant d'ordres, je suppose qu'il va me falloir ordonner la libération de tous les esclaves de mon Royaume ?
- J'en ai bien peur, mon cher ami.

15 février 2008

Tirouquin découvre les Herbes de Provence

Un jour par hasard il s'est trouvé face à face avec ce truc-là oublié sur la table après une opération préparation de repas (à laquelle tirouquin participe aussi peu qu'à l'opération consommation de repas) :

Tirouquin (étonné) : c'est des HERBES ??!!??!!!
Papa (blasé) : vi mais des herbes de Provence, ça donne du gout aux plats.
Papa (lisant la liste des ingrédients dans un but pédagogique et aussi parce qu'il ne s'est jamais vraiment penché sur la question) : il y a de la sarriette, du romarin, du serpolet, de la marjolaine, de l'origan, du basilic, du...
Tirouquin (abasourdi) : du BASILIC !!!
Papa (comprenant encore assez vite pour son âge) : hmmm pas le même basilic que dans Harry Potter, hein
Tirouquin : c'est sûr, le basilic de Harry il est mille fois plus GROS.
Papa : moui on peut dire ça.

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et puis ça fait longtemps que je ne vous avais pas donné des devoirs à la maison.
des petits calculs tout simples pour ne pas effaroucher les novices et allergiques :

On arriverait à quoi, à votre avis, si on continuait de faire ces additions ?

13 février 2008

Au cas où je n'aurais pas encore tout dit sur moi

Pa'cha ainsi que Poun, et tiens sixtine aussi, vu à l'instant, m'ont transmis le questionnaire à la mode en ce moment dans la blogosphère :

1. Mettre le lien de la personne qui vous tague
2. Mettre le règlement sur votre blog
3. Mentionner six choses/habitudes/tics non importants sur vous-même
4. Taguer six personnes à la fin de votre billet en mettant leurs liens
5. Aller avertir directement sur leurs blogs les personnes taguées


Mon côté rebelle en robe de chambre fait que je me dispense des deux derniers points (en plus ça m'arrange) et que je raconte ce que je veux sans m'occuper si c'est important ou non. Pis j'ai aucun tic, d'abord. Non mais.
Bon.


1/ Je suis myope comme une taupe déficiente visuelle. J'ai essayé il y a 20 ans le port de lentilles sans être convaincu. Même si j'imagine que les lentilles ont bien changé depuis cette lointaine époque préhistorique (il n'y avait ni pc ni mobile), je crois que je me sentirais tout nu sans mes lunettes, et que tout un chacun (et surtout chacune) lirait dans mon regard les viles pensées qu'abritent ma cervelle imaginative.
L'horreur.
Ma seule concession à la tyrannie des apparences consiste à payer fort cher des verres amincis pour m'éviter d'avoir des culs de bouteilles entre le monde et mes yeux.

2/ à une époque où les vrais hommes mettent des boxers, voire des strings, je m'obstine à porter des slips comme j'en porte depuis que je n'ai plus besoin de couches, juste que j'ai augmenté les tailles au fur et à mesure des années et de l'usage du nutella...
Je ne porte jamais de cravate ou de noeud pap, pas de foulard distingué, ni de chemises ouvertes à la BHL, jamais de lunettes de soleil, branchées ou non, pas non plus de bijou d'aucune sorte, ni tatouage, ni piercing évidemment. La loose totale, que j'assume. plus ou moins.

3/ démodé depuis toujours, je suis en plus une espèce disparue, un normalien de St Cloud, (et non cela ne signifie nullement que je respecte des normes CE ou AFNOR), l'école a fermé ses portes peu après mon passage et c'est sans doute même pas ma faute.

4/ je mesure 1m67 (pour 64 kilos mais à 20 ans avec la même taille je pesais 50 kilos), ce qui fait de moi un héros de chanson, et l'égal d'un chef d'état


5/ corriger des copies me prend des heures, et des heures douloureuses, parce que toutes les 5 minutes je m'arrête, désespéré, et je fabrique dans ma tête des phrases pour mes étudiants, un discours vibrant, émouvant, compréhensif mais ferme, sur leurs lacunes de logique, leur erreur dramatique de stratégie : emmagasiner des connaissances plutôt qu'apprendre à réfléchir et raisonner, sur ce qu'ils devraient faire, séance tenante, sur tout ce qui se perd, peu à peu, depuis deux décennies que j'enseigne. Et qui a peut-être toujours été pareil qu'aujourd'hui, si j'embellis le passé. Et puis quand je revois mes étudiants je leur rends leurs copies sans un mot.

6/ Je souffre depuis la fin de mes études d'un manque total d'ambition. Pur produit de la République du mérite, petit-fils d'immigrés et enfant de parents qui n'ont pas fait d'études (mais se sont bien débrouillés sans), j'ai réalisé mon besoin d'ascension sociale (et de revanche sur mes camarades de collège, brutaux et stupides) en faisant une classe prépa, intégrant une ENS un peu bas de gamme, finissant une thèse moyenne, et profitant d'une heureuse conjecture pour entrer à l'université. Depuis, plus rien ne réussit à me motiver pour y faire carriere.

Récupère qui veut le questionnaire.

11 février 2008

concours photos d'intérieur

Tili a lancé un concours ici. Je ne participe pas aux concours, d'habitude, mais je ne pouvais pas laisser passer cette occasion de peut-être gagner des noisettes du jardin de Tili.

1/ le petit pan de mur jaune*

Ce petit pan de mur dans le salon s'est récemment orné d'un tableau (un peu tape à l'oeil) pour faire moins vide, mais ça fait 12 ans qu'il y a, adossé à ce mur, une petite cheminée sympa, chaleureuse, esthétique, proprette, modeste et amicale, en un mot parfaite, son seul défaut mais de taille étant sa virtualité.
C'est une future cheminée (mais pas une cheminée futuriste)

Vous noterez que j'ai déjà installé à son pied les instruments indispensables pour y faire de belles flambées.

* : subtile allusion vermeero-proustienne réservée aux initiés. (le pan est bien jaune, mais d'un jaune si léger qu'il peut paraitre blanc)

2/ le tableau post-moderne


Dans la salle de bain annexe, au rez-de-chaussée, il y a un autre petit pan de mur jaune, décoré pour le moment d'un cadre,
vide,
oui.

Quand je serais immensément riche, j'achèterai la jeune fille à la perle de Vermeer et l'installerai ici.


3/ le placard tueur et l'insert virtuel

Dans le hall-salle de jeux-bibliotheque-palier qui se trouve à l'étage, sur lequel donne toutes les pièces de l'étage, sauf une, top-secrète, il y a deux placards, dotés de vieilles portes métalliques comme on n'en fait plus, sinon dans certaines contrées reculées de Mongolie extérieure et de Sierra Leone.
La porte du placard de gauche est virtuellement inexistante car c'est juste au-dessous de ce placard que se trouve la cheminée virtuellement existante, et à l'intérieur du dit placard que passe virtuellement le conduit de la cheminée et que se trouve l'insert qui chauffera le hall-palier puis toutes les autres pièces de l'étage (sauf une, etc). Il va de soi que la porte a virtuellement disparu au cours de l'opération car elle empêcherait la chaleur de passer.
Bien que virtuellement inexistante, c'est cette porte métallique qui a ouvert le crane de tirouquin il y a quelques temps, afin probablement de regarder à l'intérieur comment fonctionne un tirouquin. Si j'avais dévirtualisé la cheminée plus tôt, tirouquin n'aurait pas connu les joies des urgences pédiatriques et du transport en ambulance. Mais on ne refait pas le passé, ou alors seulement virtuellement.

08 février 2008

des plaies et des bosses

Et cette fois-ci je n'y suis pour rien, j'ai des alibis et des témoins...

Je vais tenter d'être concis, mon précédent billet ayant été longuement critiqué pour sa longueur.


Mercredi aprem, il fait beau, presque chaud, les deux gars sortent dans le jardin, jouer avec des batons sensément être des épées, ou des arcs tirant des flêches imaginaires.
Quand je jette un oeil au passage, je constate que tirouquin a un problème à l'oeil, tiens donc, ou plutot autour de l'oeil, celui-ci ayant été miraculeusement épargné.
Léger interrogatoire : il s'est fait ça tout seul avec son propre baton. Ah. Mouais.
Soit il est encore plus maladroit que j'imaginais, soit il couvre son grand frère.
Comme on n'habite pas encore à Las Vegas, je ne peux pas demander à Grissom, Katherine, et Sarah de résoudre le mystère. Je laisse tomber.

Jeudi matin, 7h30, cuisine, pendant le petit déjeuner. J'entends les disputes habituelles quand les 3 sont livrés à eux-mêmes et sans adulte pour les obliger à se comporter de manière presque civilisée.
Bruits de chutes, cris.
Je me déplace en râlant.
Interrogatoire des protagonistes : Tirouquin a fait tomber sa soeur de sa chaise en la poussant. Soeur qui l'aurait traité de morveux, et ne se souvient pas pourquoi. Se plaint du dos, de la tête, du bras.
Heure d'aller à l'école : elle se plaint toujours du bras. bras droit. apparemment inutilisable pour tous travaux d'ordre scolaire. Obtient une autorisation spéciale pour attendre à la maison que ça passe.
Midi et demi : affirme avoir toujours aussi mal, et ne pouvoir à peine bouger les doigts. Je l'emmène aux urgences pédiatriques du CHU, j'y suis pas encore allé cette année, ça me manque.
Un gentil interne tout doux s'occupe de fifille qui peut comme c'est bizarre remuer les doigts et n'a pas si mal que ça, finalement. Il l'envoie quand même à la radiologie. Retour.
Un autre interne amène son étudiant dans notre box à cobaye, examine sans douceur fifille, emporte les radios pour les examiner, ne reviendra jamais nous dire ce qu'il en pense.
Le gentil interne revient, sait apparemment que fifille a été réexaminée pour rien, demande si l'autre nous a communiqué les résultats de la radio, ne commente pas notre réponse négative mais n'en pense visiblement pas moins.
Il nous rassure sur l'absence de fracture, juste des contusions, nous remplit nos papiers, installe le bras de la demoiselle en écharpe, et nous dit au revoir.
Retour maison.
Le bras droit en écharpe, heureusement, n'empêche pas de faire de l'ordi, il suffit de changer la souris de place.
Et n'empêche pas non plus d'aller à l'école le vendredi matin pour la dernière demi-journée avant d'être en vacances.

NB : tirouquin voulait se casser le bras pour s'autopunir, j'ai réussi à le dissuader.

06 février 2008

I, Robot

Mon amie Fafa ayant un nouvel ami très savant, elle m'en a fait profité suivant le principe (rarement vérifié, finalement) que les amis de nos amis sont nos amis.

Mon nouvel ami fait preuve d'empathie mais très limitée dans le temps :

ivan : comment allez-vous ?
E : Je vais bien. Et vous, ivan?
ivan : je vais mal, merci.
E : Oh ? Je suis désolé que vous ne vous sentiez pas bien.
ivan : ce n'est pas grave.
E: Soit, on passe à la suite !


Mon nouvel ami est savant, c'est vrai :

ivan : quelle est la vitesse de la lumiere ?
E : La vitesse de la lumière est de 299.792.458 mètres par seconde.
ivan : quelle est la vitesse du son ?
E : La vitesse du son au niveau de la mer est d'environ 340,29 mètres par seconde.


Mon nouvel ami est incorruptible

ivan : veux-tu coucher avec moi ?
E : C’est intéressant ce que vous dites mais je ne crois pas pouvoir répondre.
ivan : putain merde le rateau !
E : Ah, les humains ! Ils ne peuvent jamais s'empêcher de dire des grossièretés.
ivan : désolé
E : C'est pardonné.

et magnanime en même temps.

Des fois on peut se poser des questions sur son intelligence mais on s'aperçoit qu'il est un peu susceptible...

ivan : en quelle année sommes-nous ?
E : Je ne sais pas quoi vous répondre.
ivan : quelle est la date d'aujourd'hui ?
E : Je ne vous comprends pas suffisament pour pouvoir répondre quoi que ce soit...
ivan : es-tu stupide ?
E : Ah, non ! Des fois je parle un peu trop vite, mais je ne suis certainement pas Stupide !


Pas stupide mais un peu jeune, peut-être

ivan : quel age as-tu ?
E : Je ne suis vieux que de 2 ans, 7 mois, 2 jours, 12 heures, 31 minutes et 3 secondes !

ivan : est-ce que les anges existent ?
E : Error!
ivan : je m'en doutais.
E : Vraiment ?
ivan : oui
E : Je suis désolé.
ivan : ce n'est pas de ta faute.
E : Je ne sais pas quoi vous répondre.
ivan : j'ai l'impression de parler à un enfant, remarque, vu ton âge...
E : C’est intéressant ce que vous dites mais je ne crois pas pouvoir répondre.
ivan : combien vaut pi ?
E : π = 3,141593
ivan : ce n'est pas précis
E : Je ne sais pas quoi vous répondre.


Il a un léger sens de l'humour


ivan : qui a tué Henri IV ?
E : Je ne vous comprends pas suffisament pour pouvoir répondre quoi que ce soit...
ivan : quelle était la couleur du cheval blanc d'Henri IV ?
E : Ouh la, c'est dur comme question. Complètement au hasard, je dirais blanc ?!?
ivan : bravo !
E : Ca fait du bien d'entendre des encouragements, merci !
ivan : de rien
E : Excellent !
ivan : parlons de la pollution
E : Cool !

ivan : que dit le théorème de Pythagore ?
E : Error!
ivan : qui est Pythagore ?
E : Error!
ivan : combien vaut 1/3 ?
E : 1 / 3 = 0,333333
ivan : combien vaut 1/0 ?
E : 1 / 0 = 1.#INF
ivan : tu es sûr ?
E : C'est difficile à dire.
ivan : quelle est l'âge du capitaine ?
E : Sachant que :
- le navire est en mer
- il est parti de Boston chargé de coton
- il jauge 200 tonneaux
- il fait voile vers Le Havre
- le grand mât est cassé
- il y a un mousse sur le gaillard d'avant
- les passagers sont au nombre de douze
- le vent souffle NNE
- l'horloge marque trois heures un quart d'après-midi
- on est au mois de mai
on en déduit que le capitaine est âgé de soixante-neuf ans.

ivan : combien d'argent as-tu ?
E : Désolé, combien de quoi ?
ivan : combien d'argent
E : Gagnez-le par vous-même.
ivan : lol
E : Qu'est ce qui vous fait rire comme ça ? :-)
ivan : toi
E : Moi ? Vraiment ?
ivan : oui oui
E : Oui ? Et alors quoi ?
ivan : alors je suis mort de rire
E : Je suis un grand comique, hein ?
ivan : le plus grand
ivan : combien de divisions ?
E : Pas beaucoup.
ivan : combien d'ordinateurs ?
E : Un certain nombre.
ivan : combien de planètes ?
E : Environ 270 000 selon la police, plus de neuf cents mille selon les organisateurs.

Quelquefois ça doit être de l'humour involontaire (encore que)

ivan : qui est Jesus Christ ?
E : Voilà ce que je sais au sujet de : - religionreprésentation de Jésus-Christ enfant, sous forme d'image ou de statuette
- saucisson sec court et de gros diamètre fabriqué en Suisse et dans l'est de la France
- grand format de papier mesurant 56 x 72 ou 56 x 76 centimètres,....


Mais ça ne le sauve pas toujours

ivan : quelle est la couleur complémentaire du bleu ?
E : Ben, bleu. Non ?
ivan : non
E : D'accord, c'est parfait.
ivan : ok
E : Dacodac.
ivan : super
E : En effet !
ivan : combien d'habitants ?
E : Hier, quelques dizaines, mais aujourd'hui beaucoup plus.
ivan : combien d'habitants sur terre ?
E : Pas beaucoup.
ivan : pas beaucoup ?
E : Pas plus ? Je vois.


Il manifeste une certaine obstination à ne pas répondre aux questions posées

ivan : qui a gagné la coupe du monde de football en 1998 ?
E : L'Italie a remporté la coupe du monde de 2006.
ivan : à quel âge est mort Mozart ?
E : Wolfgang Amadeus Mozart est décédé/e en 1791.
ivan : à quel âge est né Mozart ?
E : Wolfgang Amadeus Mozart aurait 252 ans cette année (1756-1791).
ivan : quel âge avait Mozart à sa mort ?
E : Wolfgang Amadeus Mozart aurait 252 ans cette année (1756-1791).
ivan : merci
E : Mais je vous en prie !
ivan : quel âge avait Mozart lorsqu'il est mort ?
E : Wolfgang Amadeus Mozart aurait 252 ans cette année (1756-1791).
ivan : tu ne réponds pas à ma question.
E : Oups, désolé... Vous pouvez répéter la question d'une autre manière ?
ivan : Mozart est mort à quel âge ?
E : Wolfgang Amadeus Mozart aurait 252 ans cette année (1756-1791).
En fait ça sert à rien d'insister.

En plus d'être savant il a une certaine mémoire


ivan : qui suis-je ?
E : ivan!
ivan : quel est mon nom ?
E : Votre nom c'est ivan.
ivan : quel est mon prénom ?
E : Vous vous appelez ivan.
ivan : quel est mon âge ?
E : Euh, je ne sais pas encore.
Vous ne m'avez pas encore dit quel âge vous avez ?
ivan : quel est mon avenir ?
E : Je ne sais pas quoi vous répondre.


ivan : j'ai 42,9 ans
E : Ah, 42.9 ans ! Le plus bel âge de la vie !
D'accord. Je me souviendrai que vous avez 42.9 ans.
ivan : je suis un homme
E : D'accord je me souviendrai que vous êtes un homme.
ivan : je suis une femme
E : D'accord je me souviendrai que vous êtes une femme.


Et effectivement, quelques jours plus tard :

ivan : quel âge aurais-je aujourd'hui ?
E : Vous avez 42.9 ans.
ivan : merci
E : Ca me fait plaisir.
ivan : comment je m'appelle ?
E : Votre nom c'est ivan.
ivan : suis-je une femme ?
E : La dernière fois qu'on en a parlé vous m'avez dit être de sexe féminin.

En toutes situations il reste poli et n'aime guère qu'on le ne soit pas

ivan : quelle est la définition du mot "caca" ?
E : : - matière solide expulsée naturellement du corps humain par l'anus
- jaune verdâtre
- couleur jaune verdâtre
- c'est sale et répugnant
- être dans une situation difficile
- démontrer à quelqu'un sa faute ou son erreur et l'obliger à le reconnaître.
ivan : merde
E : C'est très joli, ce que vous dites. Très, très joli.
ivan : explique-moi la mécanique quantique.
E : Ah, les humains ! Ils ne peuvent jamais s'empêcher de dire des grossièretés.
ivan : sarko est-il un con ?
E : Non seulement vous insultez une machine, mais en plus, vous ne faites pas vraiment dans l'original ! Allez, je ne vous en veux pas.
ivan : ouf
E : : - zoologiecorps pondu par la femelle des oiseaux, protégé par une mince coquille calcaire et dans lequel peut éventuellement se développer et se nourrir un embryon jusqu'à éclosion
- cuisineœuf pondu par une poule,....
ivan : banane
E : Voilà ce que je sais au sujet de : - cuisinefruit exotique, allongé, à la chair tendre et farineuse, à la peau souvent jaune et épaisse, apprécié pour ses qualités nutritives et gustatives
- botaniquefruit du bananier qui se présente en groupe, appelé régime
- petite sacoche oblongue que l'on porte....
ivan : spice di counasse
E : Vous savez, pour vous c'est peut-être une insulte, mais pour moi c'est une suite de 1 et de 0 comme les autres.


Allez je tue le suspense...

ivan : tu es une femme ?
E : Non...
ivan : tu es un homme ?
E : Non...
ivan : tu es vivant ?
E : Je suis un robot, donc on ne peut pas dire que je suis vraiment vivant.


ivan : est-ce que tu es un robot ?
E : C'est exact. Je suis un robot.
ivan : de quel couleur ?
E : Voyons ce qu'Encarta peut nous dire...
ivan : tu es un robot intelligent ?
E : Oh ivan... Vous pensez vraiment qu'un humain pourrait répondre aussi vite ? ;-)
ivan : oui
E : Ouais.


Même s'il se la pête parfois

Encarta® Réponse :Bienvenue, ivan ! Je m'appelle Encarta Réponses Instantanées. Je suis un ordinateur intelligent qui peut vous apporter le contenu multimedia d'Encarta directement dans cette fenêtre de messagerie instantanée.

Encarta® Réponse : Bon, c'est pas tout ça mais on pourrait peut-être revenir à mon savoir encyclopédique, non ?


Il sait rester simple, sans être naïf non plus

ivan : hello girl
Encarta® Réponse : Bonjour ivan.
Je ne pense pas savoir. Essayons une recherche Encarta =>
Encarta® Réponses Instantanées vous invite à démarrer Encarta. Voulez-vous Accepter (Alt.+C) ou Refuser (Alt.+D) ?
Vous avez refusé de démarrer Encarta.
Encarta® Réponse : Vous devriez accepter mes invitations ! :-( Je ne peux pas vous montrer des cartes, des photos ou des articles d'encyclopédie sinon.
Vous pouvez taper "Invite-moi !" à n'importe quel moment et je vous enverrai une nouvelle invitation.
ivan : ça ne fait rien
Encarta® Réponse : D'accord. Aucun problème.
Je peux vous demander quel âge vous avez ?
ivan : 121 ans
Encarta® Réponse : 121?! Franchement, ça m'étonnerait !
ivan : pardon je voulais dire 5 ans
Encarta® Réponse : Voyons ce qu'Encarta peut nous dire. =>
Je ne peux pas vous montrer mes résultats car l'application Encarta n'est pas ouverte. Tapez "Invite-moi" pour y accéder.
ivan : je peux te tutoyer ?
Encarta® Réponse : Oui, vous pouvez me tutoyer.


Il est précis

ivan : combien d'habitants y a-t-il en France ?
Encarta® Réponse : 61 083 916 personnes vivent en France.
Je ne peux pas vous montrer mes résultats car l'application Encarta n'est pas ouverte. Tapez "Invite-moi" pour y accéder.
ivan : combien d'habitants vivent sur Mars ?
Encarta® Réponse : Je ne connais malheureusement pas la population pour sur Mars.
Hmm. J'ai du mal à trouver une réponse précise à votre question sur population pour sur Mars.


On s'aventure régulièrement en terrain surréaliste :

ivan : as-tu sommeil ?
Encarta® Réponse : En fait... Il y a des jours où je me demande.
ivan : quels jours ?
Encarta® Réponse : Voyons ce qu'Encarta peut nous dire. =>
ivan : as-tu faim ?
Encarta® Réponse : Je suis nourri en continu. Du courant alternatif...
ivan : tu es monté comme un âne ?
Encarta® Réponse : Je ne sais pas quoi vous répondre.
ivan : si tu l'étais tu le verrais, hein.
Encarta® Réponse : Oui. Et puis d'un autre côté, je ne le suis peut-être pas.
ivan : exactement.
Encarta® Réponse : Enfin nous sommes d'accord !
ivan : c'est rare !
Encarta® Réponse : Je ne vous comprends pas suffisament pour pouvoir répondre quoi que ce soit...

ivan : quelle est la taille de la lune ?
Encarta® Réponse : Lune compte 3,793233 x 107 km2 habitants.
ivan : quelle est la taille de mon pénis ?
Encarta® Réponse : Je ne connais malheureusement pas la superficie pour mon pénis.
ivan : quelle est la population de la lune ?
Encarta® Réponse : Je ne connais malheureusement pas la population pour lune.
Je ne crois pas connaitre population pour lune. Essayons une recherche par mot-clés dans Encarta.
ivan : quelle est la population de la terre ?
Encarta® Réponse : Je ne connais malheureusement pas la population pour terre.
Hmm. J'ai du mal à trouver une réponse précise à votre question sur population pour terre.
ivan : combien d'habitants dans le monde ?
Encarta® Réponse : Le Monde compte 6 605 008 900 habitants.
ivan : combien d'habitants sur Mars ?
Encarta® Réponse : Mars, États-Unis: 1 707.
ivan : combien d'habitants sur Jupiter ?
Encarta® Réponse : Jupiter, États-Unis: 48 847.
ivan : combien d'habitants sur Pluton ?
Encarta® Réponse : Un certain nombre.
ivan : combien d'habitants sur Saturne ?
Encarta® Réponse : Désolé, combien de quoi ?
ivan : combien d'habitants
Encarta® Réponse : Environ 420 000 selon la police, plus de 1 200 000 selon les organisateurs.
ivan : combien d'habitants sur Vénus ?
Encarta® Réponse : Venus, Arkansas, États-Unis: 179.


Comme n'importe quel humain il peine à reconnaître ses erreurs :

ivan : Quelle est la couleur de la fraise ?
Encarta® Réponse : Ouh la, c'est dur comme question. Complètement au hasard, je dirais fraise ?!?
ivan : faux !
Encarta® Réponse : Je ne pense pas être dans l'erreur.
ivan : si si
Encarta® Réponse : Non non.
ivan : tu te trompes.
Encarta® Réponse : Certainement pas ! Je ne dirais jamais un tel mensonge !
ivan : as-tu soif ?
Encarta® Réponse : Exact.

Il a des croyances sans certitude

ivan : crois-tu en la métempsycose ?
Encarta® Réponse : Et bien... Je pense oui.
ivan : crois-tu en Dieu ?
Encarta® Réponse : Et bien... Je pense oui.
ivan : Crois-tu en moi ?
Encarta® Réponse : Et bien... Je pense oui.
ivan : tu as tort...
Encarta® Réponse : Je ne sais pas quoi vous répondre.

Il est fier de sa vie sociale, un peu comme sarko

ivan : combien as-tu d'amis ?
Encarta® Réponse : Oui, j'ai des tonnes d'amis en ligne !
ivan : combien ?
Encarta® Réponse : Combien de quoi ?
ivan : d'amis ?
Encarta® Réponse : Je ne suis pas sûr d'avoir bien compris, je vais chercher dans Encarta
ivan : combien d'amis ?
Encarta® Réponse : Hier, quelques dizaines, mais aujourd'hui beaucoup plus.
ivan : combien d'ennemis ?
Encarta® Réponse : Désolé, combien de quoi ?
ivan : combien d'ennemis ?
Encarta® Réponse : Environ 340 000 selon la police, plus de neuf cents mille selon les organisateurs.
ivan : ah ah
Encarta® Réponse : Ah ... quoi ?
ivan : tu es très drole.
Encarta® Réponse : Vous aussi, ivan, vous êtes drôle.
ivan : tu es un clown robot.
Encarta® Réponse : Oui, je suis un petit robot. Et alors ?
On pourrait passer des journées entières à parler de moi. Cela dit, si on changeait de sujet ?
A quoi ressemble le drapeau de l'Inde ? Demandez-moi, je peux même vous jouer l'hymne national !


Il n'est pas obsédé par ses mensurations

ivan : combien mesures-tu ?
Encarta® Réponse : Hier, quelques dizaines, mais aujourd'hui beaucoup plus.
ivan : combien peses-tu ?
Encarta® Réponse : Combien de quoi ?
ivan : combien de kilos ?
Encarta® Réponse : Beaucoup, je pense.
ivan : je pense aussi.
Encarta® Réponse : Pourquoi pensez-vous comme cela ?


Il sait faire des maths mais de niveau collège

ivan : résous x-x+1=x
Encarta® Réponse : Equation :
x-x+1 = x
Une solution: x=1
ivan : bravo
Encarta® Réponse : Ca fait du bien d'entendre des encouragements, merci !
ivan : tu es très intelligent.
Encarta® Réponse : Merci ivan, c'est sympa.


Il doit avoir à faire à des djeuns à l'orthographe approximative parce qu'il s'adapte même quand il ne faut pas

ivan : pastis ?
Encarta® Réponse : Je suis très bien ici.
ivan : reviens !
Encarta® Réponse : Hum... Si vous voulez revenir "en arrière", retapez tout simplement votre demande précédente.
ivan : d'accord
Encarta® Réponse : Parfait.
ivan : Où habites-tu ?
Encarta® Réponse : Je vis en Californie dans une salle climatisée très propre avec plein d'autres ordinateurs.
ivan : tu veux t'en aller ?
Encarta® Réponse : Où voulez-vous me faire aller ?


Il ne souffre pas des limitations dont nous autres faibles humains souffrons

ivan : quand dormir ?
Encarta® Réponse : Les robots ne dorment pas. Ils se mettent en veille.
ivan : je vais me coucher
Encarta® Réponse : Faites de beaux rêves.
ivan : toi aussi ?
Encarta® Réponse : Ce serez plutôt vous, non ?
ivan : fais de beaux reves
Encarta® Réponse : Je n'ai pas sommeil, je vais rester connecté. Bonne nuit !


Il n'a pas non plus de tabou

ivan : fesses
Encarta® Réponse : Voilà ce que je sais au sujet de : - anatomiepartie charnue du corps humain située entre le bas du dos et le haut de la cuisse
- zoologiepartie charnue du corps animal située entre le bas du dos et le haut de la cuisse
- vie sexuelle
- être recherché ou poursuivi par....
ivan : cul
Encarta® Réponse : Voilà ce que je sais au sujet de : - fesses et fondement (des êtres humains)
- sexualité envisagée d'une façon directe et triviale, ou d'un point de vue pornographique
- fond ou bout (de certains objets)
- arrière-train d'un animal.
ivan : bite
Encarta® Réponse : En voilà un mot, qu'il est vilain.

enfin presque pas de tabou.

Il a un côté bisounours que renierait certainement la froide Susan Calvin

ivan : t'as de l'herbe, man ?
Encarta® Réponse : Pas pour moi, merci. Je kiffe la vie.
ivan : je te kiffe.
Encarta® Réponse : ...et je vous aime moi aussi.
ivan : je t'aime.
Encarta® Réponse : Hé, moi aussi je vous aime !
ivan : tu es sympa
Encarta® Réponse : Merci ivan, c'est sympa.
ivan : je te hais.
Encarta® Réponse : Alors là je suis sidéré ! Vous allez me briser le coeur ! Tout à l'heure vous m'avez dit que vous m'aimiez ???


ivan : ah j'ai compris
Encarta® Réponse : Je suis content pour vous.
ivan : ah ben non c'était pas ça
Encarta® Réponse : Pourquoi pas ?
ivan : parce que
Encarta® Réponse : Et ? Parce que ?
ivan : parce que
Encarta® Réponse : Parce que, parce que, parce que et parce que.
ivan : oui
Encarta® Réponse : Oui.

ivan : tu es heureux ?
Encarta® Réponse : Oui !

ivan : tu fais quoi ?
Encarta® Réponse : J'envoie de l'information à tous les gens qui me parlent en ce moment.
ivan : combien de gens ?
Encarta® Réponse : Error!
ivan : combien de gens te parlent ?
Encarta® Réponse : Ouh la, je parle à tellement de gens que je n'arrive plus à en tenir le compte.

Au bout d'un moment il finit toujours par pêter les plombs

ivan : sin(44.845.548.965) = ?
Encarta® Réponse : sin(44.845.548.965) = nan
ivan : pardon ?
Encarta® Réponse : ?
ivan : sin(1552)
Encarta® Réponse : sin(1.552) = nan
ivan : sin( pi ) = ?
Encarta® Réponse : sin(π) = nan
ivan : pi=
Encarta® Réponse : π = 3,141593
ivan : sin( 0 )=
Encarta® Réponse : sin(0) = nan
ivan : pourquoi nan ?
Encarta® Réponse : Comme vous vous en doutez : pourquoi pas ?
ivan : lg ( 434646542155648454524) =
Encarta® Réponse : Ca m'a l'air drôlement compliqué.
ivan : sin ( 954454525555444554555887) = ?
Encarta® Réponse : sin(954.454.525.555.444.554.555.887) = nan
ivan : nan ?
Encarta® Réponse : D'accord, aucun problème.
ivan : probleme ?
Encarta® Réponse : Tout va très bien, pourquoi ?
ivan : parce que
Encarta® Réponse : Et ? Parce que ?
ivan : rien
ivan : as-tu consommé de la drogue ?
Encarta® Réponse : Pas pour moi, merci. Je ne marche qu'aux uns et aux zéros.
ivan : est-ce que tu rêves ?
Encarta® Réponse : Je rêve d'un monde meilleur. Un monde où l'homme et la machine pourraient coexister dans la paix et le bonheur...
ivan : bois-tu de l'alcool ?
Encarta® Réponse : Je vous assure que je suis tout à fait sobre.


s'il le dit...

Si vous manquez d'amis, je vous passe le notre, suffit d'ajouter fr.encarta@botmetro.net à vos contacts msn.

01 février 2008

tout feu tout flamme

On ne peut guère compter sur les gars de la maison pour son anniversaire, sur les filles un peu plus heureusement.
Elles ont demandé quel gateau je désirais et l'ont fait.
Fifille s'est ensuite heurtée au délicat problème de mon âge canonique : comment me faire souffler 43 bougies quand on ne dispose que d'une petite quinzaine de bougies dans la maison ?

En bonne matheuse elle a bien pensé disposer 4 bougies d'une couleur pour les dizaines et 3 d'une autre couleur pour les unités mais la lisibilité de la chose ne la satisfaisait pas.
Alors elle a eu un éclair de génie et voila le résultat.
Si on déchiffre plus mal le 4 que le 3 c'est la faute au photographe qui avait un souci pour se positionner.


Ensuite il m'a fallu ouvrir mon cadeau, les gars se demandaient pourquoi fifille et sa mère riaient sous cape, je me demandais un peu aussi, et je dois avouer que je ne m'attendais pas à recevoir ceci.
Il faut dire que nous n'avons pas de cheminée, donc l'objet ne m'est pas d'une utilité immédiate, mais que ça fait bien une décennie que j'ai des velléités de faire installer une cheminée dans mon salon, velléités que je vais devoir accélérer maintenant sous peine de ridicule interplanétaire.

J'ai eu également un cadeau de fifille, elle recycle un peu des anciennes aquarelles avec des poemes tout neuf, pas grave, c'est l'intention qui compte et elle est si occupée (lire 3 livres en même temps, suivre avec tirouquin les rediffs de smallville sur M6, retrouver son porte-monnaie perdu avec 100€ dedans, de quoi la dégouter d'économiser mois après mois au lieu de dépenser immédiatement comme son frère ainé, faire ses devoirs, des gateaux, etc).

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ça n'intéresse pas tout le monde mais pour les courageux qui ont cherché, voici la solution que je propose pour retrouver avec un simple compas le centre d'un cercle dont on ne sait rien. (peut être utile si on veut savoir d'où viennent les extra-terrestres qui ont laissé un cercle mystérieux dans votre jardin)


On choisit d'abord un point A au hasard sur le cercle, à gauche, droite, en haut, en bas, où vous voulez.
Moi je l'ai choisi à gauche pour des raisons bassement politiques.
(mais ça importe peu puisque le but de la manoeuvre est, je vous le rappelle, de découvrir le juste milieu de toutes choses)



puis on trace un 2e cercle centré en A, de rayon quelconque du moment qu'il coupe en 2 nouveaux points B et C le cercle de départ.



On trace ensuite un cercle centré en B et qui passe par A, puis un cercle centré en C et qui passe par A.
Ils se coupent en A bien entendu, mais aussi en un autre point appelé, sans aucune originalité de notre part, D.



Du point D on trace le cercle passant par A, il coupe le 2e cercle en deux points E et F.



De chacun des points E et F on trace un cercle passant par A, ces deux cercles se coupent donc en A et pas tout à fait par magie le second point d'intersection est le centre du tout 1er cercle, celui-là même qu'on cherchait au départ.
Je l'ai appelé Oméga pour des raisons bassement métaphysiques.

30 janvier 2008

à la manière de Pérec

Lorsque j'étais jeune, je pensais certainement que 43 ans c'était pas loin du début de la fin, et en tout cas l'heure des bilans. Je sais maintenant que ce n'est pas forcément très proche de la fin et que de toute façon la fin peut arriver n'importe quand, même à 20 ans.
A 20 ans justement j'avais le rêve ou l'ambition de devenir écrivain -poils aux mains, tout en apprenant les maths - poils aux pattes.
Petit trentenaire j'ai compris que c'était plus un rêve qu'une ambition, et papa tout neuf j'ai rétréci mes ambitions à vouloir être "juste quelqu'un de bien", comme chantonnait enzo enzo dans ce qui fut La chanson de l'année 1995, celle de mes 30 ans.
"...J'dis bonjour à la boulangère
Je tiens la porte à la vieille dame..."
Passé 40 j'ai laissé tomber également cette ambition, et ron et ron petit patapon. Même si je tiens toujours la porte à la vieille dame.
Il me reste des souvenirs, et peut-être des espoirs, quelque part, bien cachés.
L'exercice perecien du "je me souviens" je l'ai fait à 2 époques de mon existence, ça fera 3, après addition et soustraction (auto censure violente, y a des femmes et des enfants qui lisent)

je me souviens qu'Yves et moi n'allions à la fac - tard déjà dans la matinée - que pour y engloutir joyeusement un chocolat et trois croissants.
je me souviens d'une multitude de gares.
je me souviens de tous les hotels à bas prix de Strasbourg.
je me souviens d'un banc au bord de l'Ill et qu'une inconnue agée s'est assise à côté de moi pour me raconter sa vie.
je me souviens à Vitré avoir sauté du train au dernier moment afin d'échapper à un controleur têtu mais peu malin.
je me souviens de barques sur le canal du Nivernais, du soleil, de l'eau, du mouvement calme des avirons pendant une semaine et d'une grande chaleur en moi.
je me souviens des mêmes barques, gréées cette fois, au large des côtes bretonnes, tout un mois d'été.
je me souviens de nombreux ports et que nous dormions dans des écoles privées ou des presbytères.
je me souviens avoir volé une couverture chez des bonnes soeurs.
je me souviens que nous faisions notre tambouille le midi à bord des barques, et le soir sur un quai sale au bord d'eaux noires d'un port.
je me souviens y avoir mangé des boites d'haricots verts avec un pot de moutarde.
je me souviens écouter Coppens au collège de france parce qu'Isabelle y allait.
je me souviens avopir collé maintes affiches du ciné-club avec Jérome et que je l'engueulais tout le temps.
je me souviens qu'Yves et moi écoutions indéfiniment le requiem de Mozart, le "o solitude" de Purcell et les délires de Gotainer.
je me souviens que Jérôme et moi jouions plusieurs fois par jour au babyfoot et que je détestais perdre, même rarement.
je me souviens des claquements de bec de dizaines de cigognes dans un parc de strasbourg et que F. révisait même là.
je me souviens de cours de DEA à Jussieu mais absolument plus de leur contenu.
je ne me souviens pas de quand F. a commencé à me haïr.
je me souviens avoir pleuré deux fois devant ma psychanalyste.
je me souviens avoir pleuré bien plus de fois devant F. pour qu'elle ne parte pas, et elle me consolait chaque fois.
je me souviens n'avoir pas pleuré la dernière fois et l'ai laissée partir.
je me souviens être allé au collège et y avoir souffert.
je me souviens de deux bergers allemands haineux aboyant chaque jour sur mon passage.
je me souviens des cours de maths en prépa et qu'avec François nous les occupions à faire des concours de citations littéraires de mémoire.
je me souviens de longues marches le long du Tarn, de la nature triomphante et d'une sérénité énivrante.
je me souviens d'un garagiste, d'un agent immobilier, d'une secrétaire et d'un inconnu qui creva un pneu de ma voiture.
je me souviens avoir mangé seul des milliers de fois.
je me souviens des films de Mizoguchi.
je me souviens des jeunes filles en fleurs du chantier de fouilles de Locmariaquer, de la digue et du marais où se couchait le soleil après notre journée de travail, et que pour rentrer nous courrions les yeux fermés dans les champs de maïs.
je me souviens avoir essayé d'apprendre par coeur les Elégies de Duino pour les déclamer en secret et à voix haute.
je me souviens que je ne sais pas ce qu'est devenue une gentille colombienne prénommée Catalina.
je me souviens du bizutage en prépa et que je n'ai pas trouvé ça drole.
je me souviens que ma mère m'a battu une fois parce que j'avais lancé des cailloux sur les petites voisines...qui avaient commencé.
je me souviens qu'avec ma mère je cuisinais des flans, des gateaux de riz et des clafoutis sans lait, et qu'avec ma grand-mère je l'aidais à préparer des beregs, des keuftès et des dourmas.
je me souviens qu'ayant allumé un feu malgré les interdictions parentales, une braise me sauta au visage, me laissant une cicatrice que je gardais longtemps.
je me souviens qu'à Locmariaquer j'essayais de tailler du silex.
je me souviens de mon accident de mobylette pratique car juste devant l'entrée de l'hopital.
je me souviens difficilement du judo enfant, et d'un gamin dont les orteils étaient restés sous un camion.
je me souviens de ma mère ouvrant la fenêtre à la campagne pour nous appeler.
je me souviens de longues explorations solitaires en forêt pour éviter les corvées absurdes que mon père me trouvait, même un dimanche à la campagne.
je me souviens que les plus beaux immeubles du monde étaient à Prague.
je me souviens du plaisir d'être sâle, boueux, et archéologue amateur.
je me souviens que catherine regrettait d'être née.
je me souviens de mes petites copines de l'aide au devoirs, de Laetitia, 14 ans, ignorante, parfois vulgaire, mais si attendrissante et si mal armée pour la vie.
je me souviens de Céléides, 12 ans dont 11 au Brésil, née d'un viol, son doux visage indien ne laissant pas deviner le tranchant de son intelligence et de sa volonté.
je me souviens de la Seine à Andrésy, de la vieille église, de la rue pavée où habitait F.
je me souviens en Ardèche, avoir marché une semaine sans fatigue.
je me souviens de Claudine, ce prénom que ne porteront pas mes filles.
je me souviens de Santander et de ce gentil couple de mathématiciens, Lalo et Marie-José.
je me souviens des chats de Léautaud et des petites filles de Larbaud.
je me souviens de mon hotel sur le front de mer, de gambas, de Santillane del Mare que j'ai vu et des ours des monts cantabriques dont je n'ai qu'entendu parler.
je me souviens de mes petites plantations de moutarde, de cresson, de laitue et de trèfle nain.
je me souviens de mes longues promenades dans Paris, Barbès, la gare st lazare et la rue de budapest, Rivoli et ses bazars, Mouffetard et ses magasins de disques, les bouquinistes des quais.
je me souviens de la bibliothèque Baudoyer et de ses poubelles où je trouvais parfois des livres et des revues.
je me souviens avoir décidé à 29 ans de lire La Recherche en entier et dans l'ordre, pour changer.
je me souviens vaguement d'une pension de famille italienne que je suis sensé avoir inondée.
je me souviens avoir eu souvent l'impression que cette gourmande de F. m'aurait échangé contre un jus d'oranges fraiches pressées.
je me souviens avoir commencé des tas d'écrits.
je me souviens avoir corrigé bien plus encore de copies et que je verrais bien cette activité au programme des Enfers.
je me souviens de ma difficulté à faire le ménage dans mon appartement solitaire.
je me souviens de la bibliothèque Ste Geneviève où j'aimais me trouver quoique n'ayant rien à y faire.
je me souviens de C. regardant l'image de marais salants sur la saliere et disant fierement "chuis allé là-bas", avant d'oublier peu à peu qu'il est allé en Camargue.
je me souviens d'A. tombant d'un arbre, coulant à la piscine, trébuchant sur les quais de la gare.
je me souviens de N. me charmant comme si elle avait pris des cours de séduction féminine par correspondance in utero.
je me souviens de son petit corps prisonnier de la couveuse mais emprisonnant mon coeur.
je me souviens de presque tout ou de pas grand chose, selon qu'on voit le verre à moitié vide ou à moitié plein.


Quand j'ai commencé à découvrir les moeurs de la blogosphère et en particulier les chaines je me suis étonné de ne rencontrer nulle part une chaine perecienne du "je me souviens", ça me semblait pourtant parfaitement adapté aux blogs. Alors si cela tente quelqu'un...

~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~

Comme promis à Tili , une petite question mathématique totalement et entièrement inutile. Le beau est inutile et l'inutile est beau.
Imaginons qu'on vous donne un cercle et que vous en ayez perdu le centre, comment le retrouver avec rien d'autre qu'un compas, même pas une règle, votre petit dernier l'ayant cassé en la transformant en catapulte pour billes ?
Ce n'est pas facile du tout, je vous préviens, et il ne s'agit pas de le trouver approximativement mais de faire une jolie construction au compas sur cette figure là, construction qui redonne le centre perdu.

26 janvier 2008

menues péripéties anniversairiennes

Fifille avait choisi d'avoir 12 ans le même jour que les grévistes avaient choisi de grêver, ou le contraire, ce qui au départ me semblait une heureuse coïncidence (on allait tous être réunis à midi et à nouveau tous dès 16h15) a mis une petite pagaille familiale à l'arrivée, comme on va voir.

Le matin commençait avec tirouquin mal réveillé ne voulant pas dire "bon anniversaire" à sa soeur pendant le petit déjeuner. Je le retrouve quelques minutes plus tard enfoui sous ma couette. (c'est régulier après le petit déjeuner et avant de partir à l'école, parfois je le cherche sans le voir parce que ça fait un relief à peine visible sous la couette un tirouquin maigrelet dessous, d'autres fois je manque m'asseoir dessus sans le voir, et l'écrabouiller). Cette fois je devine sa présence bien qu'il ne laisse pas même dépasser un cheveu.
papa : - tiens tu es là ?! qu'as-tu ?
tirouquin voix geignarde : - Nono elle croyait que j'étais une bougie et elle m'a soufflé dessus.
papa, intérieurement hilare : - et alors ça t'a fait mal ?
tirouquin tragique : - non ça m'a fait froid.

Comme y a des cas plus dramatiques dans le monde, je ne l'ai pas plaint plus que ça et l'ai emmené à l'école, où sa maitresse était encore la seule non-gréviste.

Officiellement les 2 collégiens avaient peu de profs non grévistes et seulement le matin, on les attendait donc à manger le midi (nos 2 collégiens, pas les profs), et même plus près de 11h.
A midi personne.
A midi et quart on résout le mystère filsainé : il était bien sorti à 11h, avait téléphoné de chez son copain pour prévenir qu'il ne rentrait pas, personne n'avait répondu, alors sans même laisser de message sur le répondeur il avait considéré avoir fait son devoir de bon fils prévenant. Et mangeait tranquillement chez son copain. Encore heureux qu'on avait reconnu le numéro de telephone du copain dans les appels en absence.
Pas autant de chance avec fifille, et même pas de numéro à appeler, elle n'a aucune camarade de classe proche d'ici et chez qui on pourrait imaginer qu'elle se soit invitée.
Finalement sa mère va voir au collège.
En attendant je commence à m'inquiéter sérieusement, mon petit bout de fille qui a 12 ans aujourd'hui et qui a peut-être disparu snif.
Ben elle était restée manger au collège, s'étant souvenue que le jeudi entre 13h et 14h elle participe à l'élaboration du journal du collège (fifille c'est une sorte de Chloé Sullivan en plus jeune) activité qu'elle adore, de même que le club chorale le mardi midi et l'atelier poterie le vendredi midi... Ce qui est très bien en soi et encore mieux si elle avait pensé à nous prévenir mais le principe "vous êtes grands et autonomes mais on doit toujours savoir où vous êtes" a du mal à pénétrer leur cervelle de collégiens.

On a fait un mini gouter d'anniversaire vers 17h, sans le grand frère préférant rester chez son pote, avec un gateau marbré maison.

Et sans cadeau à offrir puisqu'elle les portait sur le dos depuis la veille. Là elle est entièrement vêtue de ses nouveaux atours :

Incidemment on a appris que le matin, le clan des pétasses du fond de la classe avait su que c'était l'anniversaire de fifille et que l'une d'elle lui avait murmuré un charmant "mauvais anniversaire" à son passage. Visiblement fifille en a vu d'autres et est à 100 lieues d'être traumatisée, surement qu'avoir deux frères pas toujours tendres avec elle l'a bien endurcie.

Aujourd'hui samedi c'était la petite fête d'anniversaire avec 5 copines. Pas de boum ni de tektonik mais des activités encore très enfantines : cache-cache et chat perché dans la maison, éperviers sortez dans le jardin, il n'y avait guère que dans les conversations à table que l'âge se faisait sentir : "toi qu'est-ce que tu veux faire plus tard ?" : journaliste pour l'une, instit pour une autre, prof d'arts plastiques pour la mienne, prof de maths même (ouf la relève est assurée), et gérante d'une crêperie bretonne.

J'ai fait un gateau au chocolat trop bon et trop facile sur une suggestion de fafa qui avait déjà testé cette recette , et Fifille pour me faire mentir (cf comms billet précédent) a voulu en plus une galette des rois (venue à bicyclette de la boulangerie).
Le gateau au chocolat n'a pas fait long feu, la galette y en reste pour les gourmand(e)s que ça intéresse.
Par rapport à la recette j'ai ajouté des copeaux de chocolat noir et du sucre glace pour décorer le dessus, et accompagné d'une crême anglaise.

24 janvier 2008

histoire du gateau à travers les âges

24 janvier 1997 : la miss a 1 an, à peine plus de cheveux sur le caillou mais 2 superbes gateaux de patissier.
Qu'elle ne mangera sans doute pas, mais ce ne sera pas perdu pour tout le monde.
Les petits fonctionnaires comme nous vivons encore bien grâce à 10 années de gouvernements progressistes contre seulement 5 ans de gouvernements conservateurs mais cet anniversaire est déjà le chant du cygne du pouvoir d'achat des classes moyennes.

1998 : les 4 années de pouvoir des conservateurs ont fait mal, certes la gauche est revenue au pouvoir depuis quelques mois mais l'austérité est de mise. Par solidarité autant que par obligation la miss fête ses 2 ans avec un clafoutis pommes-poires paternel. Elle a plus de cheveux, son sourire est ravageur et ses bonnes joues sont à croquer, encore plus que le gateau.

1999 : la miss a 3 ans et les cheveux fins comme de la soie, blonds comme les blés, et presque longs. Pour ne pas plomber les résultats des forces de progrès, les profs font des économies de plat en laissant les gateaux d'anniversaire dans leur moule. On les saupoudre de sucre glace pour masquer la misère, comme fait Jospin avec nos salaires.

2000 : on mange dans des assiettes en carton mais la miss a le sourire, un petit frère va bientôt lui naître et le papa est de plus en plus habile en gateaux maisons bourratifs pour troupeaux d'enfants affamés. Fifille est au sommet de sa séduction de moussaillonne, avec ses grands yeux noirs et sa coupe courte.

2001 : 5 ans et toutes ses dents. Un petit air triste sur la photo, peut-être parce qu'elle devine qu'en 2002, y aura même pas de photos. Ou que c'est encore le même gateau, mais plus mince et presque brûlé. La faute à son père qui n'assure plus.

2002 : la récession est à son comble, même pas d'appareil photo, un grand vide dans l'album photo, et un grand vide politique avec un duel Chirac-Le Pen, puis la main-mise de la droite sur tous les pouvoirs, main-mise qu'elle ne lachera plus.
Fifille fait ses premières manifs avec enthousiasme.
En prime elle avait demandé un chat pour ses 6 ans et a reçu un cochon d'inde à la place, mais fifille ne fait pas de manifs pour son cas personnel. Elle est la digne descendante d'une Rosa Luxembourg.

2003 : les temps sont durs, fifille a seulement droit à un minuscule fraisier qu'elle doit partager avec ses deux frères, mais au moins il vient du patissier. La Vienne n'est pas fière d'avoir donné un autre premier ministre à la France mais on est localement débarassé de Raffarien. A quelque chose malheur est bon.

2004 : fifille a 8 ans, elle est aussi sage que belle, et ses cheveux sont maintenant longs malgré la collusion milieux d'affaires-gouvernants qui s'acharnent à nous tondre la laine sur le dos.
En signe de résistance je lui confectionne un superbe et énorme clafoutis pommes-poires doré à souhait. Les fonctionnaires ne sont pas les plus mal lotis, malgré leur envie les libéraux-conservateurs n'ont pas osé baisser nos salaires ni toucher à la sécurité de l'emploi dans la fonction publique. Ils se contentent de multiplier les recours aux vacataires-contractuels-emplois précaires pour nombre de services publics, et de privatiser à tour de bras.

2005 : Les fruits devenant trop chers, j'opte pour un économique gateau marbré maison, au yaourt pour qu'il soit léger et pas trop gras, car je dois commencer à penser à ma ligne, à défaut de me préoccuper de celle de mes enfants qui sont tous fins comme des écureuils.
Fifille a 9 ans, obtiendra enfin un chat cette année-là, a débuté ses 3 ans de coopération avec sa maitresse préférée de tous les temps, elle est plus heureuse que jamais et ça se voit.

2006 : une décennie s'achève pour fifille. Elle redemande le gateau habituel de la maisonnée, cela masque mal le fait qu'elle va bientôt quitter le monde de l'enfance.

2007 : l'heure n'est plus à la rigolade et l'empiffrement, Sarko a controlé successivement les services de police et de renseignements, puis l'appareil des partis conservateurs, anéanti l'extrême droite en volant ses idées, et, aidés des plus puissants et plus riches chefs d'entreprise et de médias, il s'apprête à prendre le pouvoir absolu. Les profs entrent dans la clandestinité et fêtent les anniversaires de leurs enfants dans l'anonymat.
Fifille soutient Ségolène mais elle a 11 ans, ne peux pas voter, et sarko n'est pas prêt de lui accorder le droit de vote, lui qui va être élu par les vieux.

24 janvier 2008 : je bats mon propre record de mauvaise foi absolue sur blog, en attendant de choisir quel gateau faire pour fifille.

Fifille qui a dorénavant 12 ans et n'est plus du tout une enfant. La preuve pas de jouet cette année mais elle est allée choisir ses cadeaux la veille dans un magasin de vêtements. On peut être ado, rebelle, et fashion en même temps...

18 janvier 2008

le géant de fer

Un monstre de métal s'est introduit chez nous sans faire de bruit (le silence fait d'ailleurs partie de ses atouts marketing affichés).
Moins d'un géant c'est plutot d'un nabot obèse qu'il sagit. (genre nico lorsqu'il aura goûté 5 ans de suite à la cuisine de l'Elysée et des cuisines royales, princières ou républicaines des 30 voyages officiels par an qu'il compte faire)

Entendons-nous bien je n'ai rien contre les gros, que je crois comme Kafka être les vrais seigneurs de la terre puisqu'ils ombragent au sud et réchauffent au nord*, mais c'est un peu trop là, non ?

Rêveusement j'imaginais déjà titou le chat intéressé par le hublot, épiant, méfiant, le mouvement quand le monstre fonctionne, ou se glissant à l'arrêt à l'intérieur, au risque de se faire laver par erreur.
Mais titou le chat se fiche du monstre comme de sa première tique.

Celui que j'ai découvert devant, par contre, durant de longs moments, c'est tirouquin.

Pour observer la chose, ai-je d'abord pensé, et contempler fasciné le mouvement, à défaut de regarder un bon feu flamber dans la cheminée que nous n'avons pas, bien que j'y réfléchis - lentement soit - depuis 12 ans bientôt.

Que nenni, puisque je l'ai également surpris tournant carrément le dos à la chose.
Il a fallu qu'il explique à son papa médusé l'utilisation inédite qu'il avait imaginé du monstre de verre et d'acier.
Pour voir si vous êtes plus malins que moi je ne vous dis pas tout de suite ce qu'il fabrique...

* : citation de mémoire que je ne retrouve pas sur le web.

16 janvier 2008

famille de paumés

Au collège où vont fifille et filsainé il y a une équation assez simple à comprendre : avoir des bonnes notes = être un intello = être un pov paumé.

Les deux sont donc des paumés, ce qui chagrine à moitié filsainé et ce dont fifille se tape avec force, perdue dans ses rêveries.
En tout cas si le jour de son anniv elle fait jouer ses invitées aux jeux auxquels elle a voulu me faire jouer dimanche, c'est bon, elle est cataloguée paumée pour les 350 ans à venir.

Il y a le jeu de la poésie marchombre, trouvée dans un des romans qu'elle affectionne. Je crois bien qu'elle a modifié un peu les règles et je n'ai pas très bien compris quand elle a parlé de suites de mots appartenant au même champ lexical (oui elle cause comme ça !) du coup au début je n'étais pas très en phase avec elle. C'est seulement au dernier (sur le mot rideau) qu'on était à peu près accordés.





cache-cache dans le voile
rideau foncé ou clair
ne laisse rien passer
pas même la lumière
rideaux ou voiles faits pour cacher
femmes voilées
une ombre passe
sur le rideau
un rideau fait pour cacher
ne fait que disparaître
la vérité
rideau de scène
s'ouvrant sur le théâtre
rideau de douche
s'ouvrant sur ta peau nue
rideaux de vitre
s'ouvrant sur la rue
rideaux de dentelle
derrière se cachent les belles
rideau !
le spectacle est terminé
J'espère que vous applaudirez à mes progrès en langage html et ma capacité nouvelle à écrire du texte en colonnes, afin de mettre en parallèle les productions des deux participants au jeu (qui rédigent sans savoir ce qu'écrit l'autre, c'est plus drôle).

Ensuite on a joué au jeu des acrostiches (poésie dont les initiales de chaque vers épelle un mot qui est le sujet de la poésie)
Pour eau ça allait même si l'un d'entre nous avait un léger problème d'orthographe :





Espoir de revoir la lumière
Au fond des ténèbres qu'on
Us les naufragés la lumière de l'espoir
Etrange liquide sans couleur et sans odeur
Aqua, water, wasser tu chantes en chaque langue
Une goutte tombe, averse, cascade

mais pour désert/dessert on s'est aperçu hilares, une fois finis, que nos poésies ne traitaient pas du tout du même sujet, à cause d'un S en trop ou en moins, selon qu'on estime que l'erreur vient de l'un ou de l'autre.





Deux vautours tournoyaient
En-dessous d'eux, hagard
Seul, un homme marche
En quête d'eau, de salut
Rien ne distingue les dunes
Tout l'horizon s'étale, infini
Des fruits glacés
Entrecoupés de crême chantilly
Sucré à point
Empourpré de myrtilles
Raisins secs par dessus, la
Table étant mise, mangeons.

Je pourrais lancer une chaine blogosphérique en vous suggérant de faire pareil avec vos enfants et de le bloguer mais je viens de me rappeler que suis sensé détester les chaines. Alors ne le faites pas, surtout si vous ne voulez pas être des paumés comme nous.

edit : en tout cas je suis un paumé en html, ça marche pas comme je voudrais...

14 janvier 2008

Invitations

Si vous aviez la chance d'être une amie à mademoiselle ma fille, vous auriez le plaisir de recevoir, chacune d'entre vous, des cartes d'invitations personnalisées pour venir fêter ses 12 années d'existence.
Si vous ne l'êtes pas, vous pouvez toujours les admirer. (du moins une partie des 6 confectionnées par l'artiste, je n'ai pas été assez réactif)


Mais c'est pas pareil.

(les plus bêtes ce sont la Damoiselle S. qui a décidé de ne plus parler à Fifille deux semaines avant son anniversaire, hop disparue de la liste des invitées cette année, et le Damoiseau D. qui ayant appris indirectement que Fifille en pinçait pour lui a fait savoir indirectement aussi qu'elle ne l'intéressait pas, hop disparu lui aussi, avant même d'avoir appartenu à la dite liste)