Si vous faites partie des 90% de parents à qui ça ne viendrait même pas à l'idée de faire autre chose pendant les fêtes d'école que de consommer en critiquant aigrement ce qui est organisé par d'autres, la suite ne vous sera pas très utile.
Si courageusement vous souhaitez vous inscrire à un stand, ne dites jamais aux instits "vous pouvez me mettre où vous voudrez", mieux vaut choisir son instrument de torture.
le stand de pêche à la ligne : en apparence cool et permettant le papotage, en réalité non.
les nombreuses symétries du stand de pêche à la ligne interdisent tout espoir de réglementer correctement une file d'attente et même simplement d'imaginer d'en faire une. On meurt étouffé sous une nuée de petits corps qui se collent à vous en criant "monsieur monsieur" (ou "madame" selon les cas), (sans parler de certaines mères harpies qui se déchainent "c'est le tour de mon fils !" et arrachent une canne à pêche des mains de l'enfant précédent qui vient d'attraper son trésor à 20 cents made in china), ou stressé au possible lorsque vous avez le malheur de filer une canne à pêche à un enfant qui n'arriverait pas à attraper un vélo adulte avec son hameçon en moins de deux heures et même si sa vie et celle de toute sa famille en dépendait. Et en plus soit il ne veut pas qu'on l'aide, soit c'est sa mère qui ne veut pas qu'on l'aide. Il a payé. non mais oh. Et des fois un miracle, son hameçon s'accroche sur un sachet qui a eu pitié de lui pendant qu'il tournait la tête, seulement lui c'est un garçon et il a attrapé un sachet rose pour les filles. Ou l'inverse. on recommence à zéro.
Unique avantage : quand tous les petits sachets sont partis on ferme le stand.
le stand jeu-de-quilles : à éviter absolument. ça l'air tellement fastoche à gérer qu'on vous y met tout seul, et vous passez 2 ou 3 heures dans un coin isolé, sans enfant intéressé ou pire avec des enfants qui veulent jouer. Soit c'est un grand et il déglingue toutes les quilles en 3 secondes et repart un peu frustré à moins que vous ne lui remettiez les quilles pour qu'il fasse quatre ou cinq parties, soit il est petit et rate consciencieusement les quilles 20 fois de suite. Dans tous les cas l'Enfant n'a même pas l'idée ni d'aller récupérer les balles qu'il envoie n'importe où, ni de remettre les quilles debout pour le suivant. Vous passez votre temps à remettre les quilles tandis qu'un Enfant non autorisé vous lance la balle dessus, ou à courir après un petit de 2 ans laissé sans surveillance par sa mère pour papoter avec d'autres mères, qui vole une balle pour l'emporter on ne sait où. La plus mauvaise idée pour le jeu de quilles consiste à prendre une balle de type foot pour le lancer et proposer de la lancer soit au pied soit à la main. L'Enfant de sexe mâle choisit toujours le pied et shoote le plus fort possible dans une direction totalement aléatoire. Et il rit betement quand vous devez courir sur 40 metres pour aller la chercher dans la cour de l'école voisine.
le stand chamboultout : c'est la variante du jeu de quilles avec des boites de conserves empilées et des balles de tennis. C'est nettement plus horrible. Déjà parce que c'est plus bruyant, que les balles partent encore plus dans la nature, et que rempiler les boites est plus long que remettre debout des quilles. (encore que si on installe le jeu de quilles dans l'herbe on devient vite fou à essayer de les faire tenir debout)
le stand de course en sac : je ne l'ai pas testé personnellement, je devrais peut-être. A priori le nombre de bêtises parait limité mais il faut se méfier de l'imagination enfantine de l'Enfant en troupeau. Je suppose qu'il faut consoler ceux qui ne supportent pas de perdre et séparer ceux qui veulent régler dans le sang un différend au sujet de qui a passé la ligne d'arrivée le premier. Voire soutenir tout du long l'Enfant incapable d'avancer en sautant.
le stand maquillage : celui qui m'apparait le plus enviable. Passer toute la kermesse assis au calme, à s'occuper d'un seul Enfant à la fois, Enfant obligé (quoique) de ne pas bouger pendant que vous lui tartinez la figure d'un maquillage à bas prix qui va lui donner des boutons, et contraint de vous écouter lui raconter vos dernieres vacances à Marrakech. Mais dans les kermesses d'école c'est comme dans la vie réelle : les jobs les plus faciles nécessitent des compétences, et je ne peux même pas rêver y accéder un jour, ou sinon je devrais affronter des mères toutes griffes dehors folles furieuses qu'on ait fait ressembler leurs enfants à une version trash du monstre de Frankeinstein.
le stand buvette-sandwich : d'accord c'est facile mais c'est pas rigolo, et vous avez souvent affaire aux parents, et un fait bien établi dans l'univers c'est que les parents sont toujours pires que leurs enfants. De plus, même si vous installez des petites pancartes, le parent adulte est trop fatigué pour les lire et vous demande quels sandwichs vous avez, à quel prix sont les gateaux, pourquoi les canettes de coca que veulent leurs mômes sont à 1€ alors que les petites briquettes de jus de fruits dont ils ne veulent pas sont à seulement 50 centimes, et quels ingrédients ont été utilisés dans chaque gateau (et vous n'en savez rien, ils ont été apporté par des parents, sont tous différents et certains restent inidentifiables, même une fois mangés), si vraiment dans le sandwich de dinde il n'y pas trace de cochon qu'on y aurait mis par pure perversité, comme si c'était déjà pas assez chiant de les tartiner pendant les 2 heures qui ont précédé la fête.
Avec l'Enfant c'est plus simple, il ne sait pas lire, même en CM2, grâce aux efforts des ministres de l'educ nat, et il ne sait pas non plus compter pour payer.
le stand barbecue : c'est tout ou rien. En général les fêtes d'école ayant lieu à la fin juin, c'est un plan sauna déshydratant. Mais grâce aux excès de l'industrie américaine et de l'obstination de GW à polluer la planète pour obtenir sa réelection de dans 2 ans, le temps est tout cinglé et le stand barbecue peut être le seul à vous éviter des engelures. Et puis vous pouvez consommer gratuitement les merguez que vous avez fait tomber par terre ou dans le feu.
le stand tricycle : testé il y a deux ans, pas l'intention de recommencer. L'Enfant respecte encore moins de rester sur le parcours qu'un pilote de formule 1 sur un grand prix, et passe son temps à démolir les bords fragiles de la piste (nous ne disposons pas de bottes de paille). de plus contrairement au pilote de formule 1, il refuse de descendre de son bolide une fois passée la ligne d'arrivée.
Cette année j'avais décidé de monter un stand moi-même pour en avoir un selon mon coeur.
le stand parcours motricité : l'idée c'était de piquer le matériel de la salle de jeux de la maternelle et d'installer dans l'herbe de la cour d'école un petit parcours où les enfants devraient successivement sauter, ramper, faire une galipette, marcher sur une simili-poutre, parcourir 2 mètres sur des mini échasses. et repartir contents.
Plus complexe à installer mais à priori plus simple à gérer ensuite. Je me voyais déjà assis dans l'herbe à cocher négligemment les cartes des enfants volontaires tout en devisant avec la maman copine que j'avais choisie pour tenir le stand avec moi. Erreur fatale.
d'abord l'Enfant est incapable de deviner le départ du parcours, malgré notre présence et parfois malgré la file d'attente qui s'y est installée. Pour leur défense, la file d'attente ne ressemble pas souvent à une file d'attente mais à un troupeau de buffles désireux de boire plus ou moins au même endroit d'une rivière. Ensuite l'Enfant ne comprend pas tout seul ce qu'il doit faire, même quand d'autres passent avant lui, vu qu'il ne regarde jamais ceux qui passent pendant qu'il attend, trop occupé qu'il est à pousser les autres. Quand il y a des cerceaux disposés par terre il ne comprend pas tout seul qu'il doit sauter de l'un à l'autre. Quand il y a des poutres il ne comprend pas non plus qu'il doit marcher en équilibre dessus. Pour ce qui est des mini-échasses (des sortes de pots de yaourt renversés avec des cordes pour les tenir en avançant) rarissimes sont ceux qui n'ont pas besoin d'aide.
J'admets que l'Enfant ne comprenne pas en voyant un tapis de gym qu'il y faille faire une galipette mais l'Enfant a parfois un problème de vocabulaire, il ne comprend pas le mot "galipette" ni aucun des synonymes imaginables "roulade", "culbute", "roulé-boulé", et il faut lui faire une démonstration au grand amusement des mamans présentes.
Et il y a comme sur tous les autres stands l'Enfant de 1 ou 2 ans abandonné par sa mère (le père est resté chez lui devant la télé) qui joue là où il a envie, déplace les cerceaux, fait tomber les plots, etc.
ps1 : pour les inaccessibles au second degré, je précise que si c'était aussi affreux je ne le ferais pas chaque année depuis si longtemps, et si par moments j'envie les parents qui ne lèveraient même pas le petit doigt pour ramasser un papier par terre, la plupart du temps je les plains. Ils sont cons et ils ne le savent même pas.
ps2 : il serait suicidaire pour lui d'emmener son appareil photo à une kermesse d'école lorsqu'on tient un stand, je n'ai donc pas la moindre photo, mais ça ressemblait à ça en plus moderne :
